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Immobilier

Mettre un appartement en location : les étapes pour louer dans les règles et limiter les risques

Élise Vaillant-de-Ligny 9 min de lecture
Mettre en location appartement : bail et diagnostics immobiliers

Pour mettre un appartement en location, vérifiez d’abord sa conformité et les règles applicables dans la commune. Choisissez ensuite le bail, fixez le loyer et préparez les documents avant de publier l’annonce et d’organiser les visites. Cette chronologie évite de sélectionner un locataire avant d’avoir découvert qu’un diagnostic, des travaux ou une autorisation retarde son entrée dans les lieux.

Les démarches présentées ici concernent principalement la location à usage de résidence principale en France. La location touristique relève de règles distinctes et doit faire l’objet de vérifications spécifiques.

Vérifier que l’appartement peut être loué avant toute annonce

Décence, performance énergétique et formalités locales

Le logement doit assurer la sécurité et la santé de ses occupants. Il doit notamment disposer d’une ventilation suffisante, ne pas présenter d’infiltrations ou de nuisibles, et être équipé d’installations sûres, d’un chauffage, d’eau potable et de sanitaires adaptés. La pièce principale doit présenter au moins 9 m² avec une hauteur de 2,20 m, ou un volume habitable de 20 m³, sous réserve de règles sanitaires locales plus exigeantes.

Calcul du dépôt de garantie et du premier paiement

Estimez le montant maximal du dépôt de garantie et le montant à prévoir lors du premier paiement.

Dépôt de garantie maximal estimé 0,00 €
Premier paiement estimé 0,00 €
Le dépôt est calculé sur la base d’un mois de loyer hors charges.

Les charges sont ici prises en compte selon le montant mensuel saisi. Les provisions sur charges peuvent faire l’objet d’une régularisation. Ce calcul est indicatif et ne remplace pas la vérification des règles applicables au bail choisi et à la situation concernée.

En métropole, un logement classé G au DPE ne satisfait plus au critère de décence énergétique pour un bail signé, renouvelé ou reconduit actuellement. Les logements classés F seront concernés à partir de 2028. Les classes F et G font également l’objet de restrictions d’augmentation du loyer. Vérifiez la validité du DPE et les règles applicables avant de programmer des travaux ou de commercialiser le logement.

Consultez la mairie ou l’intercommunalité pour savoir si le logement se trouve dans un secteur soumis à une formalité particulière. Certaines communes imposent une autorisation préalable, souvent appelée permis de louer, tandis que d’autres demandent une déclaration après la signature du bail. Ces démarches sont différentes. L’absence d’autorisation requise peut notamment entraîner une amende allant jusqu’à 5 000 €. En copropriété, vérifiez également la destination de l’immeuble et les éventuelles restrictions prévues par le règlement.

Commander les bons diagnostics

Le contenu du dossier de diagnostic technique dépend de l’âge du bâtiment, des installations et de la localisation du logement. Faites vérifier les pièces nécessaires par un diagnostiqueur, plutôt que de commander automatiquement tous les diagnostics existants. Certains doivent être disponibles dès la publication de l’annonce, d’autres sont à joindre au bail.

  • DPE : à disposer dès la publication de l’annonce, sauf exemption applicable.
  • Plomb : constat requis pour les logements construits avant 1949 ; en présence de plomb, renouvellement tous les 6 ans dans les conditions réglementaires.
  • Gaz et électricité : diagnostics nécessaires lorsque les installations ont plus de 15 ans.
  • État des risques et diagnostic bruit : à fournir selon la situation du logement.

Pour les immeubles concernés, le dossier amiante des parties privatives doit être tenu à la disposition du locataire. Il ne constitue pas systématiquement une annexe au bail. Confirmez les obligations applicables au logement avant de constituer le dossier remis au futur occupant.

Choisir le bail et le mode de gestion selon votre disponibilité

Le meublé ne consiste pas à ajouter simplement un lit et une table. Le propriétaire doit fournir les équipements réglementaires permettant de dormir, de cuisiner et de vivre normalement, puis les entretenir ou les remplacer si nécessaire. La location vide demande moins de suivi matériel et convient souvent à une occupation plus durable.

FormuleDurée habituellePoint à anticiper
Location vide3 ans pour un bailleur personne physique, hors exceptionsEngagement plus long et mobilier limité
Location meublée classique1 an renouvelableÉquipement complet et inventaire
Meublé étudiant9 mois non renouvelableNouvelle commercialisation à prévoir
Bail mobilité1 à 10 moisLocataires éligibles uniquement, sans dépôt de garantie

Les loyers meublés peuvent être de 5 % à 25 % supérieurs à ceux des logements vides, selon le marché et les prestations. Ce supplément ne correspond pas à un gain net : il faut tenir compte du mobilier, de son renouvellement, des périodes de vacance et des frais de gestion. Comparez les deux options en fonction du logement et du temps que vous pouvez consacrer à sa location.

En gestion directe, vous économisez les honoraires d’agence, mais vous prenez en charge les visites, la vérification des dossiers, les quittances, le suivi des incidents et les démarches réglementaires. Une agence facture couramment environ 6 % à 9 % des loyers annuels pour la gestion ; la mise en location et l’assurance peuvent entraîner des frais supplémentaires. Avant de signer un mandat, vérifiez les services inclus, les exclusions et les frais annexes, pas seulement le pourcentage affiché.

Fixer un prix légal et calculer ce qu’il vous restera

Pour estimer le loyer, comparez des appartements réellement similaires en tenant compte du quartier, de la surface habitable, de l’étage, de la présence d’un extérieur, de l’état du logement et de sa performance énergétique. Vérifiez ensuite les règles locales. En zone tendue, l’évolution du loyer à la relocation peut être limitée. Dans les territoires appliquant des loyers de référence, le loyer de base doit respecter le plafond applicable ; un complément de loyer n’est possible que sous conditions strictes.

Indiquez séparément le loyer hors charges et les charges récupérables. Les provisions sont régularisées en fonction des dépenses réelles. Un forfait peut être prévu dans certains baux, notamment en location meublée. Toutes les dépenses de copropriété ne sont pas récupérables sur le locataire : calculez donc le montant demandé à partir des seules charges qui peuvent lui être imputées.

Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges en location vide et 2 mois en meublé classique. Pour un loyer de 800 € et 70 € de provisions, le paiement mensuel atteint 870 €. Le dépôt maximal est toutefois de 800 € en location vide ou de 1 600 € en meublé classique.

Établissez un budget prévisionnel qui inclut les dépenses courantes et les frais moins fréquents. Prévoyez une réserve pour le remplacement d’un chauffe-eau, une période sans locataire ou des travaux de copropriété. Un loyer un peu plus élevé ne compense pas toujours une vacance prolongée. Pour évaluer le revenu attendu, considérez les périodes où le logement risque de rester inoccupé ainsi que les dépenses à la charge du propriétaire.

La fiscalité dépend du type de location. La location vide relève des revenus fonciers : sous conditions, le régime micro-foncier prévoit un abattement de 30 % jusqu’à 15 000 € de recettes annuelles. La location meublée relève des BIC ; pour une location meublée classique, le micro-BIC prévoit un abattement de 50 %, sous conditions de seuil. Comparez ces régimes avec le régime réel et vérifiez les règles applicables à l’année déclarée, notamment pour les locations touristiques.

Publier une annonce précise et sélectionner sans discrimination

Une annonce de location doit présenter la surface habitable, la localisation, le nombre de pièces, les équipements, la date de disponibilité, le loyer, les charges et leur mode de règlement, ainsi que le dépôt de garantie. Ajoutez les mentions énergétiques et climatiques obligatoires, l’estimation des dépenses d’énergie et les informations sur les risques. Dans les secteurs concernés, indiquez aussi les informations relatives à l’encadrement des loyers. Choisissez des photos récentes qui montrent le logement sans en masquer les défauts.

Pour examiner les candidatures, appliquez les mêmes critères à chaque personne et demandez uniquement des justificatifs autorisés. Le dossier peut notamment comprendre des documents d’identité, de domicile, de situation professionnelle et de ressources. Selon le profil du candidat, vous pouvez examiner des bulletins de salaire, un avis d’imposition ou des justificatifs d’activité indépendante. En revanche, ne demandez pas de relevés de compte bancaire, de dossier médical ou d’extrait de casier judiciaire.

Un revenu équivalant à trois fois le loyer est un repère fréquent, mais pas une obligation légale générale. Tenez compte de la régularité des ressources et du reste à vivre, sans écarter automatiquement les étudiants, les retraités ou les travailleurs indépendants. La sélection doit reposer sur des critères objectifs et ne jamais tenir compte de l’origine, de la situation familiale ou d’un autre motif discriminatoire.

Choisissez une protection contre les impayés avant la signature du bail. Les options comprennent la caution, Visale sous conditions d’éligibilité, ou une garantie loyers impayés. Une GLI coûte généralement 2 % à 4 % du loyer annuel, mais ses garanties, franchises et exclusions varient. Le cumul d’une GLI et d’une caution est en principe interdit, sauf exceptions légales, notamment pour certains étudiants ou apprentis. Vérifiez les conditions du contrat avant de retenir cette solution.

Signer un dossier complet et organiser la suite du bail

Utilisez un contrat type à jour et adapté au logement plutôt qu’un ancien modèle. Vérifiez l’identité des parties, la surface, la date de prise d’effet, le loyer, les charges, le dépôt de garantie et les clauses applicables. Une révision annuelle du loyer nécessite une clause adaptée et reste soumise aux restrictions légales.

  • Joignez le dossier de diagnostic technique et la notice d’information.
  • Remettez les extraits utiles du règlement de copropriété et les autres annexes requises.
  • Établissez un état des lieux contradictoire détaillé, pièce par pièce, avec les relevés des compteurs et le nombre de clés remis.
  • En location meublée, ajoutez l’inventaire et l’état du mobilier.
  • Vérifiez l’attestation d’assurance habitation avant la remise des clés.

Conservez les exemplaires signés, les justificatifs et les photos datées partagées avec le locataire. Pendant le bail, l’entretien courant et les réparations locatives lui reviennent généralement. La vétusté, les grosses réparations et le maintien de la décence restent à la charge du propriétaire. En cas de doute sur une règle locale, une clause ou une formalité, l’ADIL peut fournir une information neutre et gratuite avant votre engagement.

Élise Vaillant-de-Ligny
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