Finance

PEL et impôt : 30 % de PFU pour les nouveaux plans, exonération temporaire pour les anciens

Élise Vaillant-de-Ligny 8 min de lecture
Pel et impot : PFU et dates de réforme, calendrier lisible

La fiscalité d’un PEL dépend d’abord de sa date d’ouverture. Deux plans au même montant peuvent donc produire des intérêts imposés de façon différente. Pour savoir ce qu’il reste vraiment après impôt, il faut distinguer l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, le prélèvement forfaitaire unique et les règles propres aux anciens plans.

Le réflexe à avoir : partir de la date d’ouverture du PEL

Le plan d’épargne logement est une épargne réglementée, avec un taux fixé à l’ouverture, des versements encadrés et des intérêts inscrits en compte, en général au 31 décembre de chaque année. Mais côté fiscalité, tous les PEL ne suivent pas la même règle.

Net des intérêts du PEL

Calculez le net d’un PEL ouvert à partir du 01/01/2018 sous PFU de 30 %.

Entrée

Saisissez le montant brut annuel des intérêts perçus sur le PEL.

Net = intérêts bruts × 70 %
Fiscalité totale = intérêts bruts × 30 %
Dont IR 12,8 % + prélèvements sociaux 17,2 %

Résultats

Net après PFU
Fiscalité totale (30 %)
Impôt sur le revenu (12,8 %)
Prélèvements sociaux (17,2 %)

La séparation se fait entre les PEL ouverts jusqu’au 31/12/2017 et ceux ouverts à compter du 01/01/2018. Les premiers peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu pendant une partie de leur vie. Les seconds sont fiscalisés dès la première année.

Situation du PEL Impôt sur le revenu Prélèvements sociaux Point à surveiller
Ouvert jusqu’au 31/12/2017 Intérêts en principe exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’au 12e anniversaire Dus selon les règles applicables au plan Bascule fiscale après 12 ans
Ouvert à compter du 01/01/2018 Imposition dès la première année Inclus dans la taxation globale PFU de 30 % par défaut
PEL ancien de plus de 12 ans Intérêts imposables Prélèvements sociaux applicables Comparer rendement net et alternatives
LIRE AUSSI  Action Emeis (ex-Orpea) : faut-il miser sur le redressement d'un géant fragilisé ?

Cette lecture par date évite une erreur fréquente : croire qu’un PEL est toujours défiscalisé parce qu’il relève de l’épargne logement. En réalité, l’exonération d’impôt sur le revenu n’est ni automatique ni permanente.

PEL ouvert avant 2018 : exonération, puis bascule après 12 ans

Avant le 12e anniversaire : une fiscalité souvent plus favorable

Pour un PEL ouvert jusqu’au 31/12/2017, les intérêts sont en principe exonérés d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années du plan. Cela ne veut pas dire que les intérêts sont totalement sans prélèvements. Les prélèvements sociaux restent un sujet à part, avec des modalités qui dépendent de l’ancienneté et de la date d’ouverture.

Cette distinction compte au moment de lire le relevé annuel. Un intérêt brut affiché par la banque n’est pas toujours le montant réellement disponible après prélèvements. Pour connaître le rendement perçu, il faut regarder les intérêts inscrits en compte, puis les retenues sociales éventuellement appliquées.

Après 12 ans : les intérêts deviennent imposables

À partir du 12e anniversaire, les intérêts des PEL ouverts avant 2018 deviennent imposables à l’impôt sur le revenu. Le plan peut garder un taux brut intéressant, surtout s’il a été ouvert à une période où les taux étaient plus élevés, mais son rendement net baisse.

C’est souvent à ce moment que la question de la conservation du plan devient concrète. La réponse ne dépend pas seulement de l’impôt. Elle dépend aussi du taux garanti, du besoin de liquidités, d’un projet immobilier éventuel et des placements disponibles avec un niveau de risque comparable.

Un ancien PEL peut rester utile si son taux d’origine est supérieur à ce que proposent les solutions actuelles. En revanche, si les intérêts sont devenus modestes après fiscalité, la simple habitude de conserver le contrat ne suffit plus à justifier son maintien. Il faut regarder le rendement net, pas seulement le rendement affiché.

PEL ouvert depuis 2018 : le PFU de 30 % s’applique dès le départ

Ce que contient le prélèvement forfaitaire unique

Pour les PEL ouverts à compter du 01/01/2018, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé PFU ou flat tax. Son taux global est de 30 %, composé de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et de 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.

LIRE AUSSI  Succession et abattement : comment calculer vos droits selon votre lien de parenté

Concrètement, si votre PEL produit 100 € d’intérêts bruts sur l’année, le PFU de 30 % représente 30 € de fiscalité, soit 70 € d’intérêts nets. Le calcul est simple, mais il change la lecture du taux affiché : un taux brut ne se compare jamais directement à un rendement net d’un autre produit.

L’option pour le barème progressif peut parfois être utile

Le PFU s’applique par défaut, mais il est possible d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option concerne l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal, pas seulement les intérêts du PEL. Elle peut être intéressante pour certains foyers faiblement imposés, mais elle doit être évaluée globalement.

Le point pratique à retenir est simple : ne choisissez pas cette option uniquement parce que les 12,8 % d’impôt sur le revenu semblent élevés. Il faut tenir compte de votre tranche d’imposition, de vos autres intérêts, dividendes ou revenus financiers, et du fait que les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.

Prélèvements sociaux : ils pèsent même quand l’impôt sur le revenu est exonéré

Les prélèvements sociaux sont la partie de la fiscalité du PEL la plus souvent sous-estimée. Même lorsqu’un ancien PEL bénéficie encore d’une exonération d’impôt sur le revenu, ses intérêts peuvent être concernés par ces prélèvements. Il faut donc éviter de résumer la fiscalité à “imposable” ou “non imposable”.

Les modalités de prélèvement varient selon la date d’ouverture. Pour les PEL ouverts jusqu’au 28/02/2011, les prélèvements sociaux suivent notamment une logique liée à certains anniversaires du plan. Pour les PEL ouverts depuis mars 2011, ils sont généralement prélevés au fil de l’eau, au moment de l’inscription des intérêts. Dans tous les cas, ils réduisent le rendement net.

Pour lire correctement votre situation, concentrez-vous sur trois lignes : les intérêts bruts de l’année, les prélèvements sociaux, puis l’éventuel impôt sur le revenu. Si votre banque fournit un imprimé fiscal ou un relevé annuel détaillé, c’est souvent le document le plus utile pour vérifier ce qui a déjà été prélevé et ce qui reste à déclarer.

  • Impôt sur le revenu : il dépend surtout de la date d’ouverture et de l’âge du plan.
  • Prélèvements sociaux : ils s’appliquent aux intérêts selon les règles du PEL concerné.
  • PFU : il taxe les PEL ouverts depuis 2018 à hauteur de 30 %, sauf option pour le barème progressif.
LIRE AUSSI  Consulter une banque après un courtier : 3 risques majeurs et comment les éviter

Garder, alimenter ou clôturer : les conséquences fiscales ne suffisent pas

Les règles de fonctionnement qui influencent l’arbitrage

Un PEL n’est pas un livret avec retraits libres. Sa durée minimale est de 4 ans et tout retrait entraîne la clôture du plan. Le dépôt initial minimal est de 225 €, puis les versements doivent atteindre au moins 540 € par an, ce qui peut correspondre à 45 € par mois, 135 € par trimestre ou 270 € par semestre. Le plafond des versements est de 61 200 €, hors intérêts capitalisés.

Ces règles ont un impact fiscal indirect. Si vous clôturez trop tôt, vous ne faites pas seulement disparaître un support d’épargne : vous pouvez aussi modifier vos droits à prêt et perdre l’intérêt d’un taux garanti. À l’inverse, conserver un PEL très ancien uniquement par habitude peut être moins pertinent si son rendement net après fiscalité est devenu faible au regard de vos besoins.

Droits à prêt et prime d’épargne : ne pas regarder seulement l’impôt

Le PEL peut ouvrir droit, sous conditions, à un prêt épargne logement destiné à financer un projet immobilier, avec un montant pouvant aller jusqu’à 92 000 €. Cet avantage doit être apprécié en fonction du taux du prêt attaché au plan et des conditions de marché au moment du projet.

Autre point à connaître : la prime d’épargne est supprimée pour les PEL et CEL ouverts à compter du 1er janvier 2018. Pour les plans plus anciens, son existence et ses conditions dépendent de la génération du contrat. Là encore, la date d’ouverture reste déterminante.

Avant de clôturer, posez-vous donc quatre questions simples : quel est le taux brut de mon PEL ? quel est son rendement net après impôt et prélèvements sociaux ? ai-je un projet immobilier pouvant utiliser les droits à prêt ? ai-je besoin de récupérer l’argent maintenant ? La meilleure décision est rarement purement fiscale : elle se prend entre rendement, disponibilité et projet personnel.

Élise Vaillant-de-Ligny
Retour en haut